Une réflexion sur le site de la SAQ

Sur À Chacun sa Bouteille, on pose aujourd’hui une question bien pertinente: avec tous les moyens de promotion développés par la SAQ au cours des dernières années (Cellier, Tchin-Tchin, Courrier Vinicole), pourquoi est-ce que le contenu développé pour ces publications n’est pas disponible sur internet?

Les réactions à cet article vont même plus loin: Pourquoi est-ce que le site de la SAQ n’a presque pas évolué avec l’adoption de nouvelles technologies disponibles sur internet? Profitons de cette réflexion lancée pour élargir la question: qu’est-ce qui rendrait l’expérience d’achat (ou de e-lèche-vitrine) plus complète et plus agréable?

Je lance quelques idées ici, en espérant susciter la réflexion chez ceux qui ont le pouvoir de changer les choses…

  • Un accès plus ouvert. La SAQ est assise sur une montagne d’information: plus de 10 000 produits différents y sont répertoriés, dont près de 3500 sont disponibles à la vente en ligne. De plus, la majorité des produits sont identifiés et catégorisés. J’aimerais pouvoir avoir accès à ces données, intégrer le tout dans mon site, dans Fouduvin, dans CellarTracker, etc. et ainsi avoir un meilleur accès aux produits offerts par la SAQ.
  • Une revue Cellier virtuelle et intégrée. Quatre fois par année, la SAQ publie la revue Cellier, un beau véhicule promotionnel. Or, la publication est limitée au format papier alors que la qualité du contenu mériterait amplement qu’elle soit davantage valorisée. J’imagine ici une archive du contenu présenté précédemment, avec des liens vers les produits pertinents présentement en stock.
  • Une meilleure expérience de magasinage. Grosso modo, la SAQ devrait prendre exemple sur Amazon: des commentaires d’utilisateurs, ratings, historique d’achat et recommandations, etc.

En informatique, on dit souvent que tout est possible, s’agit simplement d’y mettre de la volonté. Est-ce que cette volonté est présente au niveau de l’équipe qui gère le site de la SAQ? Souhaitons-le nous.

Mas Elena Penedès 2004

Mas Elena 2004
Mas Elena 2004
Lors de l’arrivage Cellier du 5 mars dernier, quate vins étaient regroupés sous la thématique de vins certifiés agrobiologiques. Parmi ceux-ci, le Petite Sirah Red Truck 2006 s’était montré très agréable.

Lors du même arrivage, on présentait un assemblage bordelais composé de Merlot (61%), Cabernet Sauvignon (31%) et de Cabernet Franc (8%), le Mas Elena Parès Balta 2004. Originaire de l’appellation Penedès en Catalogne, l’élaboration de ce vin se fait selon des critères agrobiologiques. Dans le cas du millésime 2004, les vendanges ont commencé 10 jours plus tôt qu’à l’habitude principalement à cause de pluies dans les premières phases des vendanges. Chaque cépage est ensuite vinifié séparément, en utilisant des levures indigènes puis fermenté pendant 8 mois dans des barriques usagées de chêne français.

Le véritable test étant la dégustation, j’ai trouvé le Mas Elena tout à fait charmeur. Le nez comporte des notes bien intenses de fruits rouges et d’épices. En bouche, les tannins sont bien enrobés et le vin possède une très bon structure. Encore une fois, les notes dominantes sont les fruits rouges et le tout est parfaitement équilibré: pas trop tannique, pas trop acide, juste assez extrait avec une bonne longueur.

Pour le prix demandé de 18,95, il s’agit d’un bon rapport qualité-prix pour quiconque recherche un vin agréable et charmeur.

[rating:3/5] – Code SAQ: 10985763 – 18,95$

Des belles découvertes au Salon des vins de Québec

Vendredi dernier s’ouvrait le tout premier Salon international des vins et spiritueux de Québec.. Plus de 1000 produits y étaient représentés en une soixantaine de kiosques. On y retrouve des grosses agences d’importation (Vincor), des plus petites ainsi que quelques producteurs. Nous sommes allés visiter le Salon samedi en après-midi et avons eu la chance de goûter des bien beaux produits et d’y faire des bien belles rencontres.

L’après-midi a commencé en grand, avec la conférence de Mme. Sandrine Garbay, maître de chai au mythique Château d’Yquem. Nous avons été gâtés…! La conférence de Mme Garbay nous a permis d’en comprendre un peu plus sur l’élaboration de ce vin. De plus, nous avons eu la chance de goûter au millésime 2003 du Château, compliments de la maison. Bien que le salon ne soit pas le cadre idéal pour déguster une telle bouteille, on tombe facilement sous le charme avec sa longueur impressionnante et une complexité inouie. Le millésime 2003 était exceptionnel en ce sens que les vendanges ont été effectuées en une seule passe plutôt que 4-7 tries successives afin de garder le plus de fraîcheur possible en cette année de grande canicule. Cette chaleur était perceptible dans le vin, sous forme de notes de fruits confits. Un vin d’exception (avec un prix d’exception aussi…).

[rating: 5/5] Code SAQ: 10334063 – 520$

Puisque nous ne pouvions pas passer tout notre salon à boire du Yquem sur le bras du Château, voici quelques notes un peu pêle-mêle sur d’autres vins que nous avons pu déguster dans le cadre du Salon

  • Le Barolo 2004 de Corino Giovanni, en importation privée chez Vinealis, m’a particulièrement plu. Un beau nebbiolo, puissant (mais pas agressif), avec des parfums de fruits noirs bien équilibré par une acidité tout à fait présente. Pour l’instant, sera très bon avec la bouffe, mais peut mériter une petite sieste en cave. De plus, André Papineau, le propriétaire de l’agence d’importation, est un vrai passionné qui transmet facilement son intérêt pour ces vins italiens. [rating:4/5] – IP Vinealis – 49,35$
  • La Buena Suerte 2006, un vin fait de Mencia, dans l’appelation Bierzo (Espagne) est importé au Québec par l’agence d’importation de L’Utopie. Un vin bien honnête, en ce sens qu’on ne cherche pas à tricher avec le consommateur. On laisse le terroir et ce cépage peu connu s’exprimer. Amateurs de cabernet franc de la vallée de la Loire, il s’agira pour vous d’une belle découverte, en plein coeur de votre palette de goût. [rating: 3.5/5] – IP L’Utopie – 28,43$
  • On a goûté Yquem lors de la conférence, mais nous avons aussi pu déguster deux millésime du Château Climens, un grand cru classé de Barsac. Bien qu’il n’égale pas le raffinement qu’offre le mythique château de Sauternes, je ne pense pas que Climens soit totalement hors compétition. Le millésime 2003 (144,00$ – SAQ Signature) présentait le même profil aromatique que l’Yquem, dû aux chaleurs de l’été. Il s’agit vraiment d’un vin “bonbon” où le sucre prend une place importante, avec des notes de pêche et de fruits séchés. Il est toutefois tombé deuxième derrière le millésime 1996 (195,00$ – SAQ Signature), au profil plus classique et beaucoup plus équilibré. On ne peut pas ne pas aimer… [rating: 4/5] pour le 2003 et [rating: 4.5]+ pour le 1996.

D’après les commentaires récoltés auprès des exposants lors du salon et suite à celui-ci dimanche soir, il semblerait que cette première édition du Salon des Vins de Québec fut un succès. Avec une affluence de plus de 10 000 visiteurs, les organisateurs ont déjà annoncé que la seconde édition du Salon se tiendrait en 2011, après une année d’alternance avec celui de Montréal. Bravo!

Une fin de semaine en Syrah

La fin de semaine dernière, trois occasions différentes nous ont toutes poussées vers trois syrah, un cépage capable du meilleur comme du pire.

Le vendredi soir, nous sommes allé souper au restaurant l’Utopie en guise de cadeau de Noël. L’amateur de vin y sera comblé: la carte des vins est étendue et diversifiée et l’équipe en cuisine aime donner dans l’originalité. Ça donne le menu bouteille, une sélection de plats s’articulant autour d’une thématique vinicole choisie par le sommelier. En mars 2009, le thème était la Syrah.

Syrah LHiver - Copain Wines
Syrah L'Hiver - Copain Wines
Ainsi, pour accompagner l’anguille fumée (et les gnocchis à la cannelle…!), le flanc de porc braisé (assez décadent) et le filet de boeuf nous étant proposés ce mois-ci, nous avons opté pour la Syrah L’Hiver 2006 de la maison californienne Copain Wines. C’est avec une véritable passion que le sommelier nous a convaincu d’opter pour ce cru californien, malgré mon appréhension pour les vins “trop Nouveau Monde”. Et il ne s’est pas trompé.

Fort sur le fruit, mais sans être une bombe caricaturale, ce que je retiens surtout de ce vin est le bouquet exhubérant. Des notes très présentes de violettes, le tout rehaussé d’un peu d’épices (poivre). En bouche, le vin allie douceur et matière avec un équilibre exemplaire. C’est velouté et complexe à la fois. Un grand coup de coeur.

[rating:4.5/5] Importation privée via Le Maître de Chai – 26,40$

À la suite de ce beau souper, nous avons entamé quelques bouteilles provenant de l’arrivage Cellier de mars 2009. Comme par hasard, le thème de cet arrivage est l’Italie, les vins agrobiologiques et… la Syrah!

Ainsi, nous avons ouvert un Petite Sirah Red Truck California 2006.

Bien que la Petite Sirah et la Syrah ne soit que des cousins et que ce vin fait plutôt partie de la partie agrobiologique de l’arrivage, je me permets de l’inclure sans ménagement… On y retrouve des caractéristiques de la syrah, à savoir des belles notes épicées et des fruits murs. Toutefois, on est clairement dans le nouveau monde avec ce vin… J’aime bien quand même, c’est bien fait et le rapport qualité-prix est bon.

[rating:2.5/5] Code SAQ: 10985966 – 16,50$

Finalement, on a terminé la fin de semaine avec une Syrah sicilienne de la maison Cusumano, aussi disponible dans l’arrivage Cellier de mars 2009. N’ayant pas la classe du premier et la joie contenue dans le second, il m’a un peu laissé sur ma soif. Le nez était très discret et en bouche, c’était agréable, mais rien de terriblement distinctif. Il a peut-être souffert de la comparaison avec les autres syrah de la fin de semaine, mais il m’a semblé manquer un petit quelque chose pour en faire un vin mémorable. Pas mauvais, sans plus.

[rating:1.5/5] Code SAQ: 10960777 – 14,85$