Un retour sur mon année de dégustation sous forme de calendrier de l’avent vinicole.
Le Jura, cette région de l’est de la France à la frontière avec la Suisse, produit des vins qui sont totalement uniques. Ils se gardent particulièrement bien en cave et les chardonnays oxydatifs jurassiens sont mes compagnons de choix pendant la saison de la fondue au fromage.
Domaine de Mountbourgeau L’Étoile 2008
Par exemple, j’ai eu la sagesse d’acheter quelques exemplaires du Domaine de Montbourgeau 2008 et la patience d’en conserver une bouteille quelques années en cave. Dans ce domaine familial pratiquant l’agriculture biodynamique, les vins sont fermentés dans une cuve en inox puis, selon la cuvée, passe un certain temps en barrique, sans ouillage. Dans le cas de celle-ci, le vin y a passé entre 24 et 30 mois.
Après quelques années en cave, c’est une couche de complexité qui s’ajoute. Le vin se transforme tranquillement, on retrouve un peu plus de notes épicées, de sirop d’érable (sans le sucre!) et de pommes légèrement compotées.
Il reste quelques bouteilles du 2012 sur les tablettes de 18 succursales de la SAQ, mais comme le site de la SAQ montre déjà le millésime 2013, son arrivée doit donc être imminente. Tenez-vous le pour dit!
À chaque année, on voit circuler sur les réseaux sociaux une image d’un calendrier de l’avent vinicole et on aimerait tous en avoir un à la maison. Ainsi, je vais le prendre au pied de la lettre et, pour les 24 prochains jours, offrir ici ma version du calendrier de l’avent viticole. Voyons ça comme mon top 24 des vins dégustés dans l’année!
Afin de commencer le tout en beauté, pourquoi pas des bulles? Mieux encore, pourquoi pas du Champagne? Après tout, ce n’est pas Noël tous les jours…! Depuis quelques années, la gamme offerte à la SAQ s’est grandement améliorée, faisant une place croissante aux plus petits producteurs par rapport aux grandes marques que tout le monde connaît.
Champagne Fleury Fleur de l’Europe (Photo: SAQ.com)
Gâtez-vous avec la cuvée Fleur de l’Europe, de Fleury. Élaborée principalement avec du pinot noir des millésimes 2004 et 2005 cultivé en biodynamie, il offre un nez particulièrement généreux, qui allie fleurs blanches, poires et pommes. En bouche, l’équilibre est impressionnant: la générosité perçue au nez est toujours au rendez-vous, mais on a une grande sensation de pureté. Rien ne dépasse, tout semble parfaitement à sa place et est parfait pour lancer les festivités.
C’est facile d’acheter du vin au Québec: on n’a qu’à ouvrir la porte d’une succursale de la SAQ et prendre une bouteille sur les étalages. C’est toutefois plus difficile de boire avec sa tête.
Lorsqu’on entre dans une succursale, les vins qui sont mis de l’avant le sont plutôt en fonction du budget marketing qui leur sont associés. Il est toutefois possible de faire des choix responsables, pour l’environnement, pour le vigneron derrière le vin ou tout simplement pour soi. Et ce n’est pas nécessairement le choix facile!
Un choix pour l’environnement
Sur la table, on fait des pieds et des mains faire une place de choix aux aliments locaux, bio et élevés avec soin. Pourquoi ne pas faire le même genre de choix jusque dans le verre? En succursale, difficile de faire les bons choix puisque la section bio a souvent l’air d’une arrière pensée. Et plusieurs vins hors de cette section sont faits selon l’agriculture biologique, biodynamiques ou simplement de manière le moins très peu interventionniste, avec tout le flou que ça comporte.
Par contre, il n’y a pas de recette miracle pour identifier ces vins parmi tous les autres sur les tablettes. Certains porteront le logo d’un des différents organismes de certification, AB pour les vins français faits de raisins cultivés en agriculture biologique, Demeter pour ceux qui suivent les principes biodynamiques. Mais une certification formelle demande beaucoup d’efforts de la part du vigneron et un coût assez important. La règle de base, faites un peu de recherche avant l’achat ou demandez à un conseiller en vin de la SAQ, il saura vous aiguiller. De manière générale, vous avez plus de chance de trouver ces produits dans les produits de spécialité que dans les produits réguliers.
En cas de panne d’inspiration, tournez-vous vers les vins de Catherine et Pierre Breton, qui produisent des grands vins dans la vallée de la Loire ou vers le merveilleux Cerasuolo di Vittoria de COS, pour goûter toute la fraîcheur de la Sicile.
Chez COS
Un choix pour le vigneron
Derrière toute bouteille de vin, il y a un (ou plusieurs!) être humain et on a souvent tendance à l’oublier. C’est dans le partage que le vin prend tout son sens, que ce soit le partage entre amis ou directement entre le vigneron et le consommateur.
On fait ces rencontres dans les différents salons des vins, lorsque les producteurs sont en visite ou lorsqu’on a la chance de voyager dans une région viticole. Ainsi, le choix du vin devient personnel et sentimental. On est aussi en mesure de mieux cerner les producteurs que l’on veut encourager. Trouver le moyen
Je garde une place toute spéciale pour Andrea Sottimano, le premier vigneron à qui j’ai rendu visite en voyage, en 2009. Dans les collines de Barbaresco, la famille Sottimano produit des vins de cinq différents crus sur l’appellation Barbaresco, en plus d’une cuvée de Barbera, de Dolcetto et un vin sec de Brachetto, une jolie curiosité.
Vieilles bouteilles de 1975 en garde chez Sottimano.
En rétrospective, j’étais passablement nerveux lors de la visite et j’aurais aimé mieux me préparer au sujet de la région, de sa démarche et j’aurais probablement pu en tirer beaucoup plus. Je garde une place de choix dans mon cellier pour la bouteille de Cotta 2006 que j’ai ramené de chez lui et prend toujours plaisir à acheter les vins qu’il produit.
Un choix pour soi
Au final, c’est vous qui choisissez ce que vous mettez dans votre corps, et combien vous dépensez pour votre vin. Boire avec sa tête, c’est aussi penser à soi. Trouver des manières de mieux boire, avec le même budget vin, même si ça implique d’en acheter moins. Boire moins, boire mieux.
Il n’y a pas de magie. Intéressez-vous, continuez à lire, à poser des questions et tirez vos apprentissages des réponses qu’on vous donne. Les choix qui seront bons pour vous finiront par émerger au-dessus de la mêlée, tout naturellement.
Lorsqu’on évoque le Vinho Verde, on a souvent en tête un vin blanc, presque transparent, légèrement pétillant et un peu sucré. Les produits qu’on retrouve parmi les produits réguliers à la SAQ (comme celui-ci ou celui-ci, par exemple) sont bâtis sur ce moule, avec une douzaine de grammes par litre de sucre résiduel. D’un point de vue d’un amateur de vin, on peut convenir que c’est d’un intérêt plutôt limité en dehors des périodes de canicules…
Vignes chez Quinta da Lixa (Photo: http://winesofvinhoverde.com/)
Toutefois, certains producteurs décident de sortir de ce style préétabli et montrent que l’extrême nord du Portugal sait produire autre chose. Un bon exemple de vinho verde qui sort de cette recette est le Muros Antigos Loureiro d’Anselmo Mendes.
Élaboré entièrement à partir du Loureiro, un cépage qui entre habituellement dans la composition de l’assemblage du vinho verde (avec l’alvarinho, l’avesso, l’arinto et le trajadura) et qui est la principale composante aromatique de cet assemblage.
Ici, le vin embaume le citron et l’ananas. En bouche, l’acidité est vive et on y trouve une trame minérale qui se révèle au fur et à mesure que le vin se réchauffe dans le verre. Ne contenant que 3 g/L du sucre résiduel, la finale nous invite à retourner dans le verre plus tôt que tard.
Anselmo Mendes Muros Antigos Loureiro 2015
Le caractère maritime n’est pas aussi marqué que dans certains vins de Rias Baixas tout juste au nord, mais il l’est juste assez pour accompagner à merveille la salinité des palourdes et la délicatesse des pétoncles d’un plat de pâtes tout simple. Pour moins de 17$, il s’agit d’un rapport qualité-prix particulièrement intéressant et qui pourra probablement se bonifier au cours des quelques prochaines années.
Depuis quelques années, les Grecs ont le vin dans les voiles. Eux qui font du vin depuis des millénaires, commencent à recevoir une reconnaissance au niveau international. Il faut dire que les quelques décennies à exporter surtout de la Retsina de qualité douteuse a endommagé l’image de marque du pays. Conséquence, les vins grecs disponibles sur les tablettes de la SAQ sont tous très abordables et présentent des rapports qualité-prix avantageux.
Alors que la planète vin sort lentement mais surement de l’hégémonie des cépages internationaux comme le chardonnay, le cabernet-sauvignon et le merlot, les vins grecs peuvent faire peur aux non-initiés avec leurs noms de cépages à coucher dehors.
Voici donc un petit tour d’horizon des principaux cépages grecs avec, à la clé, quelques suggestions pour s’y retrouver!
Blancs
La Grèce produit des vins blancs en majorité, ce qui est plutôt surprenant puisqu’il s’agit d’un des climats les plus chauds en Europe. La clé du succès est l’utilisation des cépages indigènes qui conservent une bonne acidité malgré la chaleur intense.
Assyrtiko
C’est de l’île de Santorini que l’Assyrtiko est originaire, même s’il a trouvé une terre d’accueil sur le continent depuis quelques temps.
Santorini (Photo: Mariusz Kluzniak @ Flickr)
Amateurs de rieslings et de chablis, c’est le nom que vous devez retenir. Le terroir volcanique de Santorini a trouvé un cépage parfait pour s’exprimer. Les meilleurs vins possèdent un côté salin qui traduit bien le fait que le raisin pousse sur un caillou au beau milieu de la mer Égée.
Parmi les noms à retenir, Hatzidakis, que ce soit pour la Cuvée 15 ou son Assyrtiko de base. Ses vins disparaissent habituellement en moins de temps qu’il faut pour épeler Assyrtiko, alors si vous en voyez sur les tablettes, n’y pensez pas deux fois. (Profitez-en, le millésime 2015 vient tout juste d’apparaître!. Sinon, vous pourrez vous retourner sans craintes vers Lyrarakis ou Argyros.
Savatiano
Savatiano
Cépage à la base de la retsina, le Savatiano est aussi utilisé pour élaborer des vins secs, absents de toute résine. C’est le cépage le plus planté en Grèce, avec une production totale de 6 millions d’hectolitres (2010). Il produit des vins faits pour la table, qui vont à merveille avec à peu près tout ce qui vient de la mer.
Présent sur une base régulière sur les tablettes, le Savatiano de Papagiannakos est une valeur sûre et, pour ceux qui ont une mémoire visuelle, est facilement repérable grâce au joli coq sur l’étiquette. Il plaira particulièrement aux amateurs de chardonnay vifs et non-boisés.
Moschofilero
Amateurs de gewürztraminer et de muscat, le moschofilero est pour vous. On est en présence d’un cépage qui s’exprime sur des notes florales et épicées qui est parfois utilisé pour confectionner des vins de dessert. Sur les tablettes de la SAQ, celui du Domaine Tselepos est particulièrement recommendable.
Moschofilero
Rouges
Xinomavro
On touche ici à mon cépage rouge grec préféré. Imaginons un cépage qui serait à la fois proche du pinot noir et du nebbiolo: il peut montrer une bonne acidité, des tanins bien présents et une puissance qu’on ne soupçonne pas au premier abord, car les vins qu’ils produits sont généralement peu foncés.
Xinomavro
Les styles qui peuvent être obtenus avec le xinomavro sont particulièrement variés. Ça va du joli vin de soif avec le Jeunes Vignes de Thymiopoulos (un de mes préférés!) jusqu’au vin plus costaud élevé en barrique chez Alpha Estate. Son acidité et sa charge tannique lui permettront de vieillir en beauté, faites l’expérience avec la cuvée Entre Ciel et Terre de Thymipoulos: si vous êtes capables de l’oublier dans un coin de la cave pendant quelques année, il vous le rendra bien.
Agiorgitiko
C’est le cépage rouge le plus planté en Grèce. Ici, on est du côté plus costaud du spectre, avec une couleur nettement plus foncée que le xinomavro. Amateurs de merlot, vous y trouverez votre compte, d’autant que l’agiorgitiko est souvent utilisé en assemblage avec du cabernet sauvignon, comme dans ce vin du domaine Skouras. On peut aussi le retrouver en assemblage avec de la syrah dans les cuves du domaine Gaia.