Masi Tupungato Passo Doble 2007

Lorsqu’on évoque la maison Masi, on pense tout d’abord à la Vénétie, à l’amarone et aux cépages de la Valpollicella (Covina, Rondinella et Molinara). L’association ne se fait pas automatiquement avec ce vin d’Argentine, à mi-chemin entre les Alpes et le Andes.

Toutefois, depuis un peu plus d’une dizaine d’années, de plus en plus de grandes maisons européennes s’intéressent au vignoble argentin. Par exemple, le Château Cheval Blanc s’est associé avec les Terrazas de los Andes pour produire le Cheval des Andes, Michel Rolland et 6 autres produceurs de haut niveau produisent le Clos de los Siete.

Masi Passo Doble Tupugnato 2007
Masi Passo Doble Tupungato 2007

On s’étonne donc moins de retrouver la maison Masi dans les vignobles de Tupungato, situés à 1000 mètres d’altitude dans les Andes, un peu au sud de Mendoza. Ils y ont amené la technique du Ripasso, qui consiste en une refermentation du moût sur le marc our sur des raisins partiellement séchés pendant une dizaine de jours afin de donner plus de concentration, de profondeur et de couleur au vin. Ripasso veut dire passer de nouveau, d’où le nom du vin produit par Masi en Argentine: Passo Doble, double passage.

Dans ce cas-ci, il s’agit d’un vin fait à base de Malbec (70%) qui, une fois fermenté, est ajouté à du Corvina légèrement séché (30%). Une deuxième fermentation s’ensuit, pendant 15 jours, avant d’être vieilli pendant 9 mois en barriques de chêne français.

Il en résulte un vin définitivement moderne, typiquement argentin. Le malbec domine ici et on y retrouve ses tanins ronds et enjôleurs. Comme plusieurs vins argentins, le passage en barriques est tout à fait remarqué ici, avec des notes de vanille au nez et de torréfaction en bouche. Heureusement, l’utilisation du corvina vient ajouter un peu plus de profondeur et un peu de fraîcheur.

Le vin est à son meilleur avec des grillades goûteuses, ce qui ne surprend pas du tout puisque les Argentins sont les plus grands mangeurs de viande au monde. Il demande un plat rustique et de grillé qui viendra complémenter l’élevage bien présent dans ce vin.

[rating:2/5] – Code SAQ: 10395309 – 16,65$

Domaine d’Aupilhac Lou Maset 2007

Le Languedoc-Roussillon est principalement reconnu pour ses vins généreux, expressifs et surtout, peu chers! Toutefois, depuis quelques années, la production se diversifie. On retrouve maintenant des producteurs de toutes les gammes: des producteurs haut-de-gamme comme le Domaine de Montcalmès, des plus petits producteurs intéressants et aussi des producteurs très quelconques.

Domaine d'Aupilhac Lou Maset 2007
Domaine d\’Aupilhac Lou Maset 2007

On retrouve quelque part entre les deux premières catégories le domaine d’Aupilhac, au nord-ouest de Montpellier. Sylvain Fadat s’est forgé une réputation en étant un des premiers producteurs à produire un vin composé à 100% de carignan, cépage habituellement utilisé dans un rôle secondaire.

Dans le cade de l’arrivage Cellier d’automne 2009, la SAQ propose deux vins du domaine situés aux antipodes de l’offre du vignoble. Les Cocalières est la cuvée haut-de-gamme, dont les raisins viennent d’un seul vignoble et est vieilli 15 mois en foudres. Pour près de la moitié du prix, le Lou Maset est aussi offert aux consommateurs québécois.

Composé principalement de Grenache et de Cinsault, avec des additions de Carignan, de Syrah et d’Alicante Boucher, la cuvée d’entrée de gamme du Domaine d’Aupilhac se veut, de l’aveu même du producteur, un vin de tous les jours.

C’est d’ailleurs ce qui fait son charme: on ne se prend pas la tête lors de la dégustation de ce vin. C’est généreux, fruité à souhait, gouleyant, avec une finale légèrement épicée. On se laisse séduire très facilement par ce vin car s’il n’est pas très complexe, il est bien fait et rien n’accroche.

Un vin du Languedoc comme on les aime!

[rating:2.5/5] – Code SAQ: 11096116 – 15,95$

Domaene Gobelsburg Grüner Veltliner 2007

Domaene Gobelsburg Grüner Veltliner
Domaene Gobelsburg Grüner Veltliner

Pour cette première itération de mon défi de bloguer sur un total de 100 cépages différents, on commence du côté de l’Autriche avec un cépage typiquement autrichien. À une heure au nord de Vienne se situe la petite ville de Gobelsburg et le château du même nom, au coeur de l’appellation Kamptal. Avec une histoire remontant jusqu’à 1171, le domaine possède de solides assises historiques et l’administration actuelle, qui a repris le tout en main en 1996, s’est taillé une place de choix dans le paysage vinicole autrichien.

Puisqu’il occupe 36% du vignoble autrichien, les vignerons autrichiens ont utilisé de toute leur imagination pour la vinification de ce cépage. On le retrouve principalement sous la forme d’un jeune vin blanc, mais certains en font du mousseux, du vin de glace ou un vin de table destiné à un long vieillissement.

Le Domaene Gobelsburg est la cuvée d’entrée de gamme du Schloss Gobelsburg. Récolté à partir de vignes autour du village de Gobelsburg en octobre 2007 puis vieilli en inox jusqu’en janvier 2008, le vin se veut une représentation typique du Grüner autrichien qu’on boit jeune et en mangeant. Il est toutefois difficile à cerner: l’acidité est présente sans dominer, on retrouve un peu de sucre résiduel, des restes de gaz carbonique et des notes principalement florales et minérales. Les plus optimistes diront que le vin est équilibré, je l’ai plutôt trouvé brouillon et manquant un peu de personnalité.

Pour 15,95$, il s’agit d’un rapport qualité-prix correct, sans plus. Dommage, puisque le vin possède plusieurs beaux éléments, mais rien qui marque vraiment. Le millésime 2007 n’a pas été facile en Autriche, on donnera donc le bénéfice du doute au producteur…

[rating:1.5/5] – Code SAQ: 10790317 – 15,95$

Vernaccia di San Gimignano – Poderi del Paradiso 2008

Le Vernaccia di San Gimignano est un vin assez méconnu au Québec (la SAQ n’en commercialise qu’un seul), mais il est tout autrement en Italie, particulièrement en Toscane. Il s’agit de la permière appellation visée par les DOC en Italie, lors de leur établissement en 1966.

Après en avoir bu plusieurs cet été, j’ai décidé de faire connaître ce vin aux collègues chez Creaform en important une caisse du Vernaccia Poderi del Paradiso 2008, disponible en importation privée chez Le Maître de Chai. Surtout que l’été tirait à sa fin, ce vin conviendrait parfaitement aux dernières occasions de prendre l’apéro sur la terrasse.

L’Azienda, fondée en 1970, a grandi récemment jusqu’à une production actuelle de 150 000 bouteilles, provenant de près de 30 hectares de vignes. Le Vernaccia ici dégusté s’est vu attribué une note de 1 bichierre (1 verre sur 3) dans l’édition 2009 de Gambero Rosso.

Poderi del Paradiso
Poderi del Paradiso

Au premier abord, ce qui frappe dans le Vernaccia (de manière générale, et dans celui-ci en particulier) est sa vive acidité. On y dénote des notes de pommes, mais il paraît plutôt simple à prime abord. Toutefois, avec un peu de temps, le vin se réchauffe et devient plus intéressant. On y découvre tour à tour des notes d’agrumes, un peu plus de pommes vertes, des fleurs puis finalement une touche de miel.

Fort probablement servi trop froid, le Vernaccia a gagné en complexité en se réchauffant et son acidité un peu trop vive s’est calmé à un niveau raisonnable. Note: j’aime bien avoir une bonne acidité dans mes vins blancs, mais il ne faut pas que ça masque le reste par contre…!

Vernaccia di San Gimignano - Poderi del Paradiso 2008
Vernaccia di San Gimignano – Poderi del Paradiso 2008

Il y a donc une raison pourquoi ce vin est souvent servi à l’apéro en Italie: il est tout à fait rafraîchissant lors de chaudes soirées d’été. Par contre, au Québec au début de l’automne, il convient mieux de le servir un peu plus chaud afin de pouvoir mieux l’apprécier.

Pour près de 22$ (en incluant les frais d’agence, le prix affiché sur le web est avant ces frais), je ne pense pas qu’il s’agisse d’un bon rapport qualité-prix. Par contre, il semblerait que c’est ce qui est nécessaire afin de déguster ce Vernaccia peu usité au Québec.

[rating:1.5/5] – IP via Le Maître de Chai – 22,00$

 

Deux bonnes affaires portugaises

On entend souvent parler de bons p’tits vins de semaine, expression désignant des vins simples, pas chers sans prétention, mais tout de même bien faits et réconfortants. L’expression a beau être usée à la corde, on l’utilise régulièrement pour décrire une catégorie bien précise de produits provenant souvent de pays (ou de régions) émergents sur la scène viticole. Voici deux vins portugais dégustés récemment, fiers représentants de cette classe de vins informelle.

Vinho Regional Estremadaura Roaz Reserva 2006
Vinho Regional Estremadaura Roaz Reserva 2006

Le Vinho Regional Estremadura 2006 Reserva Roaz, séduit tout d’abord par son prix, vendu 12,15$ à la SAQ, mais presque toujours disponible à la SAQ Dépôt ce qui permet de réduire son prix de 15%. Fait à parts égales de Tinta Roriz et de Castelão, deux cépages autochtones portugais, le vin déborde de fruits mûrs supportés par des tannins bien présents sans être trop agressifs. On ne pourrait s’opposer à la classification par la SAQ de ce vin comme Fruité et Généreux, car il en donne effectivement beaucoup pour son prix. À déguster avec un bon spag, un mercredi soir frais du mois d’octobre. Le millésime 2007 est présentement sur les tablettes et tout semble indiquer qu’il est en ligne avec le 2006 dégusté ici.

[rating:2.5/5] – Code SAQ: 10325221 – 12,15$

 

Provenant aussi de l’Estremadaura, le Vinho regional Estremadura Quinta de Bons-Ventos 2006 se positionne aussi comme un excellent rapport qualité-prix provenant de cette région centrale du Portugal. Il s’agit d’une salade de fruits composée de Castelão, de Camarate, de Tinta Miúda avec une petite touche de Touriga Nacional. Encore une fois, tous des cépages autochtones portugais qui donnent au vin une personnalité, tout comme le Roaz, ce qui est trop rare pour des vins de cette gamme de prix.

Le fruit domine toujours, mais c’est le côté épicé qui joue ici les seconds violons. Le vin est un peu moins bien équilibré que le Roaz, du fait de son acidité qui m’a paru plus faible. On ne se casse pas la tête et on accompagne ce vin d’une des dernières grillades de la saison. Encore une fois, c’est le millésime 2007 qui est sur les tablettes.

[rating:2/5] – Code SAQ: 10269388 – 12,10$

 

Pour un vin un peu plus complexe, la même maison produit le Palha-Canas, qui mérite d’être expérimenté, pour seulement 4$ de plus.

Le Portugal se positionne de plus en plus comme une région viticole d’où provient de très bons vins au prix plus que raisonnable, comme en fait foi cet article paru sur PalatePress. À la lumière de ces deux vins, on doit en conclure qu’on peut y faire de très belles découvertes, le tout sans se ruiner!