Gran Viña Sol 2001

Gran Vina Sol
Gran Vina Sol

On ignore souvent le potentiel de vieillissement des vins blancs, croyant que seuls les vins blancs haut-de-gamme pouvaient se prêter à un repos prolongé en cave. Toutefois, lors d’une soirée organisée à la maison, j’ai eu une belle démonstration du contraire.

On connaît le Gran Viña Sol de la maison espagnole Torrès comme étant un exemple typique d’un vin espagnol moderne. J’ai comme souvenir d’un vin résolument assez boisé et international, mais très bien fait dans le style. Bref, le genre de vin que tout le monde peut aimer sans difficulté.

Toutefois, le millésime 2001, oublié pendant près de 8 ans dans la cave d’un ami, a su confirmer les qualités qu’on pouvait entrevoir lorsque le vin est jeune. Le boisé est bien intégré, le nez est plus complexe, l’acidité est un peu plus en retrait, mais toujours présente et qui garde le tout en équilibre. Même si 2001 est un très bon millésime (sans toutefois être exceptionnel) selon Miguel Torrès, il a su viellir en beauté et offre beaucoup de plaisir présentement.

Bref, une bien belle bouteille qui nous incite fortement à coucher quelques uns de ces vins pour plusieurs années et qui nous montre qu’il n’est non plus pas nécessaire de payer le gros prix pour obtenir une belle expérience à moyen et même long terme.

Importation privée – Mode d’emploi

Au Québec, les vins sont vendus par l’entremise d’une société d’état, la Société des Alcools du Québec (SAQ). Grâce à ce pouvoir d’achat, la variété des produits offert est bien intéressante, avec plus de 10 000 produits présentements listés au répertoire. Malgré ce que certains peuvent en dire, je trouve que nous sommes plutôt bien servis par notre monopole.

Toutefois si, de retour de vacances, vous souhaitez acquérir ce petit rosé désaltérant dégusté sur le bord de la piscine ou le vin de ce petit producteur que vous avez découvert au détour d’une courbe dans l’arrière-pays, il est fort probable que ce vin ne soit pas disponible à la SAQ. Pour mettre la main sur ces produits, on doit se tourner vers l’importation privée.

Il est fort probable que vous avez déjà goûté des vins issus de l’importation privée, puisque ce mode d’achat est bien populaire auprès des restaurateurs. Certains utilisent ce créneau pour donner une signature distinctive à leur carte des vins ou pour agrandir leur portfolio. Les moins scrupuleux utiliseront le fait que le client ne connaît pas nécessairement le prix de détail pour se donner une marge un peu supérieure à l’habitude…

Le processus pour mettre la main sur ces vins est plutôt simple:

  1. On fait du magasinage et on choisit le vin qui nous intéresse. C’est souvent la partie la plus difficile, mais elle est habituellement tout à fait agréable. On fréquente des activités vinicoles (Salons des Vins, dégustations, etc.), on porte attention au restaurant, etc. On peut trouver un répertoire assez complet des agences d’importation de vin sur le site de Samy Rabbat, ou avec les membres du Raspipav, une association d’agences d’importation.
  2. Lorsqu’on a choisi le vin qui nous intéresse, on contacte l’agence qui représente le producteur. Le vin est ensuite livré dans une SAQ près de chez vous (habituellement dans les 7-10 jours suivant la commande), où vous effectuez le paiement. Certaines agences exigent le paiement des frais d’importation directement à eux, dans une facture séparée.
  3. Les vins sont habituellement disponibles en caisse de 12 bouteilles, ou parfois en carton de 6. Un truc afin de pouvoir s’offrir un peu de variété est de monter un groupe d’amis et de partager le tout. Les produits que je propose au bureau ont habituellement un bon succès…!

De plus, les produits sont aussi couverts par la garantie contre les bouteilles défectueuses de la SAQ, puisqu’elles sont vendues par celles-ci. Il faut parfois faire savoir au personnel que cette protection existe, mais c’est bel et bien le cas.

Le tout est bien résumé dans le sympathique vidéo de Rézin.

On peut y faire de belles découvertes, comme certaines que j’ai fait aujourd’hui dans le cadre du salon de la Raspipav… Vous en entendrez parler bientôt sur ce site…!

Un trio ibérique

C’est toujours plaisant de retrouver des amis autour d’une table, avec de bons plats et de bons vins. C’est tout à fait l’esprit d’une récente soirée organisée à la maison. Au menu, une petite tranche d’Espagne sous la forme de tapas variés et de vins de la péninsule ibérique. Bref retour sur trois vins servis lors de cette sympathique soirée où il n’y avait aucune prise de notes, aucune technique, seulement bien du plaisir.

Le Douro au Portugal - Source:titoalfredo @ Flickr
Le Douro au Portugal - Source:titoalfredo @ Flickr

J’ai servi à l’aveugle et en confrontation les trois vins suivants, tout d’abord seuls, puis ensuite accompagnés de dattes farcies au chorizo, dans une sauce tomate et poivron, des albondigas (boulettes de viande espagnoles) et des champignons farcis, qui furent d’ailleurs un grand succès…!

  1. Post Scriptum de Chryseia, Douro 2007
  2. Les Terrasses Priorat 2006, Alvaro Palacios
  3. Montecillo Gran Reserva Rioja 2001

Tout d’abord plus réservé, le Post Scriptum détonnait un peu lorsque mis en comparaison avec les deux autres puisqu’il mise beaucoup plus sur la finesse que la puissance. Il a donc paru un peu faible et moins aromatique que ses compagnons, mais il n’en restait pas moins un vin bien agréable. C’était bien, mais à ce prix de 27$, je ne suis pas certain que je vais en racheter.

Le gagnant de la soirée est sans contredit Les Terrasses, il fut le préféré de 6 des 7 convives. Puissant, complexe, très long en bouche, mais tout de même bien équilibré: il possède tous les éléments pour plaire. À noter que le millésime présentement en vente à la SAQ mais que les bouteilles servies sont du millésime 2006, vieillies à la succursale de Lévis. La foule en redemandait et j’encourage tous ceux qui ont 30$ à mettre sur une bouteille à se ruer sur celles qui restent à la SAQ, comme je vais probablement faire…

Le Montecillo s’est bien débrouillé, même s’il a été servi à la suite d’un vin unanimement apprécié. Pour plusieurs, il s’agissaient d’une rare expérience avec un vin de près de 10 ans d’âge. Il est souple et commence à prendre une teinte un peu tuilée, signe de son âge un peu plus avancé. Il s’agit d’un achat un peu à l’aveugle que je ne regrette pas du tout, puisqu’il s’agit d’une belle expression du terroir et du savoir-faire de la Rioja. Le vin commence son plateau, il est déjà bien agréable et va continuer à se bonifier au cours des prochaines années. J’aimerais bien voir de quoi se chauffe le 1981, aussi disponible présentement à la SAQ, au modique prix de 73$.

Alors que les deux premiers titraient au-delà de 14% d’alcool (même 14.5% pour Les Terrasses), on doit de noter que le Montecillo présente un très raisonnable 13%, ce qui aide grandement à son équilibre.

Un trio ibérique
Un trio ibérique

Une belle incursion dans l’univers des vins de la péninsule ibérique, que je connais trop peu qui donne le goût d’en découvrir plus!

Les vins de transition…

Le blog a été plutôt muet ces derniers temps, puisque plusieurs changements sont survenus cet été, qui ont à la fois diminué la consommation de vin et le temps alloué à l’écriture…

Vicente Gandia El Miracle 120
Vicente Gandia El Miracle 120

Lors du mariage, avec le médaillon de veau gratiné au Fin Renard, nous avons choisi de servir El Miracle 2006, un assemblage de Tempranillo (65%) et de Syrah (35%) de l’appellation Valencia, sur la côte méditerranéenne. Avant tout un superbe rapport qualité-prix, on y trouve quelque chose pour plaire à tous: des tannins souples, un nez charmeur, un peu de bois (pas trop!). Couplé avec une grillade ou un plat de viande substantiel, il fera des miracles…!

Si les millésimes antérieurs étaient plus difficiles à trouver, on le retrouve maintenant en produit de spécialité en arrivage continu à la SAQ, pour le bénéfice de tous.

Un voyage de noces plus tard, de retour à Québec, la seconde transition prenait place: la prise de possession de notre première maison. Beaucoup de petits détails à arranger, à la fois avant et après le passage chez le notaire.

La veille du déménagement, au milieu de boîtes et dans un appartement presque vide, nous avons ouvert un Santenay Champs Claude Vieilles Vignes 2004, de Lucien Muzard.

Le nez est superbe, ça pinotte amplement. On y retrouve tout ce qu’on peut aimé dans un pinot bien évolué, des épices, un certain côté animal, mais sans trop s’éloigner du fruit. En bouche, on voit clairement que ce vin est sur ses derniers milles. L’attaque est belle est franche, mais le vin disparaît rapidement, sans vraie finale à proprement dire.

Deux jours plus tard, ce qui restait du vin était chose du passé, un peu comme cet appartement que nous venions de quitter. Aujourd’hui, dans la nouvelle maison, on recherchera des vins voués à un avenir brillant, qu’on aimera partager avec des amis à tout moment.

Soave Classico Pieropan 2008

Lorsqu’on évoque le Soave, ou de manière plus large les vins blancs du Veneto, on pense d’abord à des vins un peu ennuyants, faciles à boire mais sans personnalité. Afin de contrer cette perception (et d’augmenter leur reconnaissance sur le marché mondial), certains producteurs ont choisi d’ajouter du Chardonnay ou du Sauvignon Blanc et de faire vieillir en barriques aux traditionnels Graganega et Trebbiano en cuves. Certains, comme Leonildo Pieropan, ont plutôt choisi de se concentrer à optimiser la qualité de l’assemblage traditionnel afin de donner le meilleur vin possible. La philosophie de Pieropan a été bien résumée par Matt Kramer dans Making Sense Of Italian Wine:

No oak. No chardonnay. The real thing.

Pieropan Soave Classico 2008
Pieropan Soave Classico 2008

Vendanges manuelles, le moins d’engrais (biologiques…!) possible, l’assemblage traditionnel de Graganega et Trebbiano, une expérience de 40 vendanges: toutes des raisons pourquoi les vins de Pieropan reçoivent régulièrement des critiques favorables de Gambero Rosso. Leurs 16 Tre Bicchieri (la récompense maximale donnée par Gambero Rosso) sont auant de raisons qui nous poussent à essayer leurs produits.

Leur Soave Classico 2008, en vente à moins de 20$ à la SAQ est tout à fait le type de vin blanc que je recherche et apprécie. Droit et honnête, on y retrouve au nez des notes de melon miel et de fleurs blanches. La bouche est bien minérale soutenue par une acidité vivifiante, ce qui en a fait un accompagnement parfait pour les linguine alle vongole (linguine aux palourdes), au goût de la mer bien présent. Et avec seulement 12% d’alcool par volume, les qualités rafraîchissantes de cet assemblage de 85% de Garganega et 15% de Trebbiano ont été particulièrement mises de l’avant lors de cette chaude soirée d’été.

Le Soave Classico est leur vin d’entrée de gamme, mais on retrouve aussi dans leur gamme deux cuvées provenant de crus spécifiques dans le Soave, La Rocca et Calvarino. Le premier est entièrement fait de Garganega tandis qu’on retrouve 30% de Trebbiano (l’assemblage classique de Soave) dans le second. Ils produisent aussi deux vins de dessert, un Recioto del Soave et un Passito. Dans le cas de tous ces vins, je n’ai pas eu encore la chance d’y goûter, mais l’expérience avec leur simple Soave démontre que ce sont des producteurs sérieux et que le reste de leurs produits doit être fait avec la même attention aux détails. Un producteur à découvrir, si ce n’est pas déjà fait.