L’arrivage Cellier de novembre 2009 propose une sélection de vins mousseux du monde entier. On cherche à faire découvrir des bulles provenant d’un peu partout, mais pas de champagne. Lors d’une soirée dégustation vins et fromages (sur laquelle je reviendrai plus tard…), nous avons servi un mousseux de cet arrivage pour l’apéro: le Nino Franco Faive 2007.
Principalement reconnue pour son prosecco, la maison Nino Franco est présente en Vénétie depuis 3 générations.
En marge de l’appellation DOC Prosecco, Nino Franco propose ici un mousseux rosé composé à 80% de Merlot et 20% de Cabernet Franc. La couleur est extraite par une courte macération des raisins sur leurs peaux. Ensuite, la méthode champenoise est appliquée, à savoir une première fermentation en cuves inox puis une seconde fermentation en bouteilles.
Dans le verre, on ne se prend clairement pas la tête. On note tout d’abord la fraîcheur et l’acidité bien enveloppée par les notes fruitées apportées par les cépages rouges. C’est agréable et se laisse boire tout seul. Parfait en apéro pour ses bulles fines et son caractère rafraîchissant. Apprécié par tout le monde présent lors de notre souper, il servira de belle introduction pour les partys des fêtes, offrant une alternative originale à la Blanquette de Limoux, bien bonne mais souvent servie machinalement année après année.
En 1990, le designer de jeux Sid Meier lance Railroad Tycoon, un des premier jeux de simulation d’affaires. Le jeu a connu un tel succès que le genre a pri son envol. Avec cet essor, la série Tycoon a vu le jour, avec quelques très bons titres (Transport Tycoon, Rollercoaster Tycoon), quelques titres curieux, mais bien faits (Pizza Tycoon) et d’autres tout simplement farfelus (Lemonade Tycoon 2, Fish Tycoon).
Wine TycoonCe n’était donc qu’une question de temps avant qu’un studio de développement produise un épisode sur la gestion de vignobles. Ainsi, le 14 octobre dernier était publié Wine Tycoon, par Got Game Entertainment.
La description du jeu nous invite à
Investir dans le vignoble de nos rêves dans une des 10 régions vinicoles françaises, commander les opérations du Château, de s’occuper des vignes et de leur vinification. Une quarantaine de cépages et près de 50 types de vins sont disponibles pour la production.
Ça semble bien, non…? Toutefois, il s’agit d’un de ces jeux où la liste des fonctionnalités est plus intéressante que le jeu lui-même.
Deux modes de jeu sont proposés, le mode “carrière” et le mode libre. Le mode carrière entraîne le joueur à travers les 10 régions viticoles françaises proposées, toutes ayant un niveau de difficulté croissant. Pour progresser au prochain niveau, des objectifs sont proposés (avoir un compte en banque de 1 M$, par exemple). Quant au mode libre, le joueur choisit une région et part de zéro, sans objectif…
Le joueur doit aussi construire les installations nécessaires à la vinification et engager le personnel pour s’en occuper. Malheureusement, engager du personnel se limite à appuyer sur un bouton et tous les individus sont créés égaux, sans qualités ni défauts.
Le travail au champ n’est non plus pas particulièrement excitant. On peut traiter les champs contre les champignons, les insectes, l’infertilité ou la surcroissance. Toutefois, les opérations qu’il faut faire sont répétitives et semblent avoir des résultats limités…
Image tirée de Wine Tycoon
Toutefois, le pire défaut du jeu vient lors de l’étape d’assemblage. On doit obligatoirement respecter les “recettes” en vigueur dans la région. Par exemple, à Bordeaux, on peut faire du St-Émilion, Médoc, du vin de Graves (rouge et blanc) ainsi qu’un Bordeaux générique (rouge et blanc)…
En plus de faire abstraction totale de la notion de terroir et d’appellation, il est impossible de faire preuve de créativité. Dans le Rhône, on commence avec un champ de Carignan. On veut produire une cuvée 100% Carignan pour se créer une petite mise de fond pour démarrer le domaine? Dommage, le seul vin qui utilise du Carignan est un assemblage demandant 3 autres cépages… Ceci n’est qu’un exemple, mais est bien représentatif du manque de vision à long terme présent dans le jeu.
Je ne parlerai pas ici des bugs rencontrés, dont deux assez majeurs qui ont fait planter le jeu de manière brutale. Je suis certain qu’on pourrait trouver des points positifs, mais je crois fermement qu’on part de beaucoup trop loin ici pour éventuellement en faire quelque chose de bien. Même si le jeu ne se vend que 20$ sur Amazon, il s’agit quand même d’un mauvais rapport qualité-prix.
Lorsqu’on évoque la maison Masi, on pense tout d’abord à la Vénétie, à l’amarone et aux cépages de la Valpollicella (Covina, Rondinella et Molinara). L’association ne se fait pas automatiquement avec ce vin d’Argentine, à mi-chemin entre les Alpes et le Andes.
Toutefois, depuis un peu plus d’une dizaine d’années, de plus en plus de grandes maisons européennes s’intéressent au vignoble argentin. Par exemple, le Château Cheval Blanc s’est associé avec les Terrazas de los Andes pour produire le Cheval des Andes, Michel Rolland et 6 autres produceurs de haut niveau produisent le Clos de los Siete.
Masi Passo Doble Tupungato 2007
On s’étonne donc moins de retrouver la maison Masi dans les vignobles de Tupungato, situés à 1000 mètres d’altitude dans les Andes, un peu au sud de Mendoza. Ils y ont amené la technique du Ripasso, qui consiste en une refermentation du moût sur le marc our sur des raisins partiellement séchés pendant une dizaine de jours afin de donner plus de concentration, de profondeur et de couleur au vin. Ripasso veut dire passer de nouveau, d’où le nom du vin produit par Masi en Argentine: Passo Doble, double passage.
Dans ce cas-ci, il s’agit d’un vin fait à base de Malbec (70%) qui, une fois fermenté, est ajouté à du Corvina légèrement séché (30%). Une deuxième fermentation s’ensuit, pendant 15 jours, avant d’être vieilli pendant 9 mois en barriques de chêne français.
Il en résulte un vin définitivement moderne, typiquement argentin. Le malbec domine ici et on y retrouve ses tanins ronds et enjôleurs. Comme plusieurs vins argentins, le passage en barriques est tout à fait remarqué ici, avec des notes de vanille au nez et de torréfaction en bouche. Heureusement, l’utilisation du corvina vient ajouter un peu plus de profondeur et un peu de fraîcheur.
Le vin est à son meilleur avec des grillades goûteuses, ce qui ne surprend pas du tout puisque les Argentins sont les plus grands mangeurs de viande au monde. Il demande un plat rustique et de grillé qui viendra complémenter l’élevage bien présent dans ce vin.
Les nouvelles technologies ont fait beaucoup pour la transmission de l’information. Twitter et Facebook sont passés dans le vocabulaire courant et la planète nous semble toujours de plus en plus petite. Les vignerons se sont aussi approprié ces nouvelles technologies afin de nous tenir au courant de leurs opérations. Ce billet fait suite à la dernière édition des Liens en Vrac, qui s’attardait plus spécifiquement à la qualité du millésime 2009.
Vignes, RaeA@FlickrLe temps des vendanges est particulièrement occupé pour les vignerons, mais plusieurs prennent le temps de mettre à jour leur blog ou leur fil twitter afin de nous tenir au courant des progrès effectués.
Voici donc quelques liens, triés sur le volet, de vigerons blogueurs à propos du millésime 2009. On y retrouve de tout petits producteurs artisanaux aux grands domaines comme Beaucastel et Palmer.
Actif depuis octobre 2005, la maison alsacienne Hugel utilise à plein les outils technologiques mis à sa disposition. Les articles sur le blog, bien que peu fréquents, donnent une vue sur les coulisses de cette production familiale. Leur fil Twitter permet de rester au courant de toutes les nouvelles provenant du domaine, soit sur le blog ou sur Youtube.
La famille Perrin, producteur réputé dans le Rhône grâce entre autres au Château Beaucastel, semblent pour l’instant satisfaits de la qualité du millésime 2009. Signe que leurs visées sont internationales, leur fil twitter n’est malheureusement disponible qu’en anglais.
À première vue, Hervé Bizeul est un blogueur de talent. Il sait parler aux gens, raconter une histoire et rendre le tout particulièrement intéressant. Comble du bonheur, il est aussi vigneron. Puisqu’il s’est donné comme défi de faire un article par jour racontant ses vendanges, c’est devenu un arrêt quotidien dans ma liste de lecture. Et je m’en porte que mieux.
Au Portugal, Cortes de Cima produit à la fois du vin et de l’huile d’olive. Leurs vins disponibles au Québec sont de très bons rapports qualité-prix (mettez la main sur le Chaminé!) et leur blog, mis à jour régulièrement, permet de suivre l’évolution de la récolte.
Le blog Wilma’s Wine World, représentant un vignoble californien, propose un regard sur le millésime 2009 à partir des récoltes passées, en commençant par 1972, première année d’opération du domaine.
La majorité de ces blogs sont référencés sur Wineblogger.info, une des sources les plus complètes de blogs sur le vin. Triés par langue, ce site cherche à être le portail par excellence pour tous les blogs vinicoles, peu importe leur langue. L’entreprise est louable et on y trouve déjà beaucoup d’information, mais le site est en phase de maturation et doit proposer au lecteur un moyen de trouver de l’information plus facilement. Pour ceux qui ont de la patience, ça vaut la peine d’explorer tout ce qu’on y propose…!
Si vous avez d’autres blogs de vignerons dignes de mention, n’hésitez pas à les partager avec la section commentaires!
Dans le cadre du Salon des Vins et Spiritueux de Québec 2009 en mars dernier, la ville de Québec a reçu la visite de plusieurs vignerons qui, associés au restaurateurs de la Capitale, ont produit plusieurs expériences gastronomiques de haut niveau. Lorsque j’ai reçu une invitation de dernière minute d’un ami blogueur pour l’un de ces soupers, j’ai sauté sur l’occasion. Moins d’une heure plus tard, j’étais en bonne compagnie à l’Aviatic Club pour une soirée dont la thématique était simple: en compagnie d’Ingo Grady, director of wine education (quel beau titre!) chez Mission Hill Estate, le chef de l’Aviatic Club, Jean-François Houde, a concoté un menu en accord articulé autour de 5 des vins du domaine. Continue reading